Peinture sur verre

Le plasticien Claude Chaussard est aussi architecte. Cette proposition équivaut à cette autre: l'architecte Claude Chaussard est aussi plasticien. Sur ses plans d'architecte, il ne peut s'empêcher, parfois, de porter un regard de peintre, un regard désintéressé. Un regard qui les considère en eux-mêmes et non comme l'une des premières étapes de l'érection d'un bâtiment. Pour cela il lui faut les mettre hors circuit, hors du monde. Il en fait des lithographies. Ce déplacement du médium suffit à changer le tracé - qui représente une réalité future, qui est donc langage ou valeur symbolique - en trace sans finalité. Il ne s'agit plus de la présentation d'un plan mais de sa représentation, de l'ostension des lignes en elles-mêmes. Ces lignes font encore allusion au réel (futur en l'occurrence) mais seulement allusion sans lien organique avec lui. Un effet de réel en quelque sorte.

Autre étape. Sur les épreuves maculées, d'une feuille de format carré (50 x 50 cm), mélange d'obliques d'une extrême acuité, d'une extrême énergie et d'écrasements d'encre, de salissures, le plan ne peut plus se voir à deux dimensions. Pour accomplir son destin de peintre, l'architecte doit passer par la sculpture. De même que le papier n'est plus support mais l'œuvre même, le verre qui le protège voit sa fonctionnalité pratique se retourner en fonctionnalité plastique. Ici sculpture du vide. Lui aussi participe au travail. Au vide abstrait du papier, il ajoute le vide concret de sa distance au papier. Fonction unificatrice: ce vide concret harmonise la coexistence ardoisée de la macule, du blanc, des reliefs, de l'ombre légère. Il accentue le caractère abstrait de l'œuvre en lui apportant sa transparence absolue. Ici, c’est une rareté, il a la pureté du cristal. La troisième dimension fait irruption réellement, non dans un imaginaire du futur, mais dans sa réalité tactile: sillages qui griffent la surface blanchie du verre, empreintes, blanc dans blanc, creusements, toutes traces dynamiques, énergiques, élans obliques du bas vers le haut ou l'inverse, précipitations serrées en écho aux trajectoires de la macule. Peinture, sculpture, architecture se sont fondues dans l'émotion d'un « espace plastique ».

Maurice Benhamou

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MACULE D’ARCHITECTURE n°2

1986

Peinture sur verre et papier marouflé sur contreplaqué

(de la série Macule d'architecture)

dim : 50 x 50 cm

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MACULE D’ARCHITECTURE n°10

1986

Peinture sur verre et papier marouflé sur contreplaqué

(élément gauche du triptyque)

dim : 50 x 150 cm ( ensemble )

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MACULE D’ARCHITECTURE n°10

1986

Peinture sur verre et papier marouflé sur contreplaqué

(élément central du triptyque)

dim : 50 x 150 cm ( ensemble )

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MACULE D’ARCHITECTURE n°10

1986

Peinture sur verre et papier marouflé sur contreplaqué

(élément droit du triptyque)

dim : 50 x 150 cm ( ensemble )

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MACULE D’ARCHITECTURE n°4

1986

Peinture sur verre et papier marouflé sur contreplaqué

(de la série Macule d'architecture)

dim : 50 x 50 cm

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MACULE D’ARCHITECTURE n°6

1986

Peinture sur verre et papier marouflé sur contreplaqué

(de la série Macule d'architecture)

dim : 50 x 50 cm

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MACULE D’ARCHITECTURE n°3

1986

Peinture sur verre et papier marouflé sur contreplaqué

(de la série Macule d'architecture)

dim : 50 x 50 cm

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MACULE D’ARCHITECTURE n°5

1986

Peinture sur verre et papier marouflé sur contreplaqué

(de la série Macule d'architecture)

dim : 50 x 50 cm

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MACULE D’ARCHITECTURE n°9

1986

Peinture sur verre et papier marouflé sur contreplaqué

(de la série Macule d'architecture)

dim : 50 x 50 cm

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MACULE D’ARCHITECTURE n°7

1986

Peinture sur verre et papier marouflé sur contreplaqué

(de la série Macule d'architecture)

dim : 50 x 50 cm

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MACULE D’ARCHITECTURE n°8

1986

Peinture sur verre et papier marouflé sur contreplaqué

(de la série Macule d'architecture)

dim : 50 x 50 cm

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MACULE D’ARCHITECTURE n°19

1986

Peinture sur verre et papier marouflé sur contreplaqué

(de la série Macule d'architecture)

dim : 50 x 50 cm

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MACULE D’ARCHITECTURE n°20

1986

Peinture sur verre et papier marouflé sur contreplaqué

(de la série Macule d'architecture)

dim : 50 x 50 cm

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MACULE D’ARCHITECTURE n°22

1986

Peinture sur verre et papier marouflé sur contreplaqué

(de la série Macule d'architecture)

dim : 50 x 50 cm

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MACULE D’ARCHITECTURE n°23

1986

Peinture sur verre et papier marouflé sur contreplaqué

(de la série Macule d'architecture)

dim : 50 x 50 cm