Texte de Maurice Benhamou Galerie ETC Paris

Cet art, non par les formes qu'il emprunte mais par la profondeur de son inspiration, évoque toujours pour moi l'oeuvre de Barnett Newman avec son infini : mais un infini qui, chez Claude Chaussard, n'est pas « sans bord pour y poser la joue » comme dit le poète Françoise Hân.

La profonde humanité de ce peintre n'a rien à voir avec le lyrisme : ce ne sont nullement des sentiments personnels qui s'expriment mais uniquement, exclusivement, une sensibilité extrême c'est-à-dire une qualité impersonnelle qui est celle d'un homme, non de tel homme comme individu. L'on peut voir une forme de lyrisme dans la projection de bleues poudreux, comme une décharge de vie intensive vers les profondeurs blanches, mais ce n'est le lyrisme de personne sinon peut-être celui de chacun des regardeurs.

Cette humanité n'a rien à voir non plus avec l'humanisme sauf dans l'acceptation la plus culturelle de ce terme. Il y a chez ce peintre, et c'est légitime, un souci permanent de retrouver la source, non pour y chercher des modèles, mais pour se ressourcer.

Ainsi la pointe d'argent que louait Vasari à l'époque de la Renaissance est-elle réutilisée non comme moyen expressif d'un dessin mais comme finalité que sert au contraire une simple ligne sans fin. De même pour l'utilisation de l'huile, prépondérante depuis le Quattrocento, mais dont les transparences se sont bien démodées. Claude Chaussard l'utilise crue non comme médium mais pour elle-même, lui découvrant ainsi une toute nouvelle modernité. En ce qui concerne la couleur, pas de couleurs arbitraires ou gratuites. Les bois ont la couleur de leur essence, l'huile crue de la sienne. La seule couleur est le bleu avec cette réserve énoncée que, comme ce fut le cas pour Giotto, le bleu, pour claude Chaussard, n'est pas une couleur, mais une aventure intérieure. Et il ne s'agit pas en l'occurence d'un jugement subjectif, le bleu est si purifié que ce ne peut être qu'au prix d'une ascèse intellectuelle extrême laquelle pourrait bien être le trait caractéristique de tout ce travail. Les rapprochements qui viennent à l'esprit sont avec Barnett Newman et surtout avec la peinture "à champ ouvert" de Malevitch dans les années 1920.

Cette oeuvre donne une vraie leçon : celle qu'exprime Nerval dans les Chimères :

«...L'esprit nouveau m'appelle

J'ai revêtu pour lui la robe de Cybèle ».

(Cybèle, mère de Zeus, source première).

La marche humaine enseigne le fondement de tout mouvement en avant : le pas futur, qui explore, a lieu en même temps que le pas arrière dont est sensible l'effort d'arrachement au passé.

Les deux pieds en avant ne valent que pour les morts.

Bien des artistes aujourd'hui (et non seulement les peintres) devraient y réfléchir.

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Galerie ETC Paris France 2019

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